Claire Obscure
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Publisher: Philippe Pilato
Copyright:
© 2007 Standard Copyright License
Language: French
Country: France
|
Download:
1 documents, 644 KB
Printed: 144 pages, 6" x 9", perfect binding, black and white interior ink Description:On n'aime qu'une fois. Mais... Si l'autre vous plaque? Journal d'une disparition amoureuse à rebondissements. Keywords:Listed in: |
Stats:
Lulu Sales Rank: 17,548
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Sur le ton:
Un roman écrit au temps de l'après disparition, c'est-à-dire du futur, sans pourtant y voir se dessiner d'avenir car même le présent lui servant habituellement de référentiel ne passe plus au passé.
Sur la forme:
3 parties, la première reste au passé car il fait des accrocs trop profonds dans le présent, la seconde se voudrait et est désirée être au présent, au temps de l'habitude prise de sa mort, dans l'esprit et par le corps, et la troisième est une tentative avortée de futur se terminant par la mort rapide de tout avenir.
3 époques, 3 echecs de départs reliés par élastique à leur point d'ancrage.
Sur les personnages:
Aucun n'est unique, chacun est multiple et au minimum dual avec deux parties adverses qui s'affrontent devant une cour et plusieurs jurés mais sans jamais de juge.
J., l'homme qui delaisse ses affaires pour se reconvertir mère au foyer, Frantz qui se prouvait sa virilité en la mettant à l'épreuve des putes et ne supportant pas les homosexuels se retrouve avec un travesti et non plus du côté consommateur mais proxenet, pour Vassilia c'est assez explicite, Alma soumise et résignée poussée au bord du meurtre...P. est le plus sophistiqué, il s'échappe constamment mais nous echappe aussi, il n'habite pas le temps ni l'espace, il glisse, passe au travers, comme son regard au travers des autres. Regard qui d'ailleurs se doit de ne faire que transpercer car s'il venait à se planter dans quelque endroit, ce serait comme planter des tantes qui deviendraient autant de destinations potentielles, sauf que ce qu'il veut c'est voyager sans jamais se poser, sans attaches donc sans départs ni destinations.
Sur l'histoire:
Ce qui ressort le plus ce sont les voyages, intérieurs, extérieurs, allers, retours, entre les lieux, les êtres... on en ressent des vertiges certains. Pourtant ça ne tourne pas en trajectoire circulaire, il y a bien un décors toujours différent qui se déroule dans des sens multiples, des croisements et donc des accidents, des travaux mais jamais de restaurations..Il y aussi cette enquête qui se déroule tout le long du périple, qui semble piétiner, mais avec à chaque fois des éléments nouveaux et excitant la curiosité, et qui comme dans tout bon policier est résolue à la fin: du suspens jusqu'au bout, des surprises jusqu'au bout, et moi surprise jusqu'au bout.
D'habitude, je ne suis pas particulièrement attirée par les romans (que je trouve souvent trop factices) et si je l'ai lu pratiquement d'un trait c'est qu'il m'a vraiment aspirée et inspirée. Les descriptions aussi sont prenantes, certains passages sont comme des pavés dans l'estomac, on en garde des éclaboussures jusqu'au coeur quand quelques autres ne vont pas s'égarer dans les poumons...
Un roman écrit au temps de l'après disparition, c'est-à-dire du futur, sans pourtant y voir se dessiner d'avenir car même le présent lui servant habituellement de référentiel ne passe plus au passé.
Sur la forme:
3 parties, la première reste au passé car il fait des accrocs trop profonds dans le présent, la seconde se voudrait et est désirée être au présent, au temps de l'habitude prise de sa mort, dans l'esprit et par le corps, et la troisième est une tentative avortée de futur se terminant par la mort rapide de tout avenir.
3 époques, 3 echecs de départs reliés par élastique à leur point d'ancrage.
Sur les personnages:
Aucun n'est unique, chacun est multiple et au minimum dual avec deux parties adverses qui s'affrontent devant une cour et plusieurs jurés mais sans jamais de juge.
J., l'homme qui delaisse ses affaires pour se reconvertir mère au foyer, Frantz qui se prouvait sa virilité en la mettant à l'épreuve des putes et ne supportant pas les homosexuels se retrouve avec un travesti et non plus du côté consommateur mais proxenet, pour Vassilia c'est assez explicite, Alma soumise et résignée poussée au bord du meurtre...P. est le plus sophistiqué, il s'échappe constamment mais nous echappe aussi, il n'habite pas le temps ni l'espace, il glisse, passe au travers, comme son regard au travers des autres. Regard qui d'ailleurs se doit de ne faire que transpercer car s'il venait à se planter dans quelque endroit, ce serait comme planter des tantes qui deviendraient autant de destinations potentielles, sauf que ce qu'il veut c'est voyager sans jamais se poser, sans attaches donc sans départs ni destinations.
Sur l'histoire:
Ce qui ressort le plus ce sont les voyages, intérieurs, extérieurs, allers, retours, entre les lieux, les êtres... on en ressent des vertiges certains. Pourtant ça ne tourne pas en trajectoire circulaire, il y a bien un décors toujours différent qui se déroule dans des sens multiples, des croisements et donc des accidents, des travaux mais jamais de restaurations..Il y aussi cette enquête qui se déroule tout le long du périple, qui semble piétiner, mais avec à chaque fois des éléments nouveaux et excitant la curiosité, et qui comme dans tout bon policier est résolue à la fin: du suspens jusqu'au bout, des surprises jusqu'au bout, et moi surprise jusqu'au bout.
D'habitude, je ne suis pas particulièrement attirée par les romans (que je trouve souvent trop factices) et si je l'ai lu pratiquement d'un trait c'est qu'il m'a vraiment aspirée et inspirée. Les descriptions aussi sont prenantes, certains passages sont comme des pavés dans l'estomac, on en garde des éclaboussures jusqu'au coeur quand quelques autres ne vont pas s'égarer dans les poumons...
Un texte brut et fin, fluide et grinçant, comme l'amour déçu. En lisant ce livre, on entend une voix rauque, et on plonge dans ces phrases comme on brûle une cigarette : au début par plaisir, et ensuite parce qu'on n'a plus le choix.
Attention, l'entrée dans un univers pareil se paie d'addiction immédiate. Puis de questions idiotes, par exemple : pourquoi un auteur de cette envergure n'est pas en tête de gondole à la FNAC?
Entrez, et laissez-le vous prendre sous ses ailes, noires, bien sûr, mais qui n'empêche en rien le décollage vers des pays inconnus...
Ma "note" : 4/5, parce que la perfection se décerne toujours à titre posthume.
Attention, l'entrée dans un univers pareil se paie d'addiction immédiate. Puis de questions idiotes, par exemple : pourquoi un auteur de cette envergure n'est pas en tête de gondole à la FNAC?
Entrez, et laissez-le vous prendre sous ses ailes, noires, bien sûr, mais qui n'empêche en rien le décollage vers des pays inconnus...
Ma "note" : 4/5, parce que la perfection se décerne toujours à titre posthume.
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