Le Procès de Jeanne d’Arc

Le Procès de Jeanne d’Arc

ParRobert Brasillach

Habituellement imprimé en 3-5 jours ouvrés
Le plus émouvant et le plus pur chef-d’œuvre de la langue française n’a pas été écrit par un homme de lettres. Il est né de la collaboration abominable et douloureuse d’une jeune fille de dix-neuf ans, visitée par les anges, et de quelques prêtres mués, pour l’occasion, en tortionnaires. Des notaires peureux ont écrit sous la dictée, et c’est ainsi qu’a pu nous parvenir ce prodigieux dialogue entre la Sainteté, la Cruauté et la Lâcheté, qui réalise et incarne enfin, en les laissant loin derrière lui, tous les dialogues imaginaires qu’avait produit le génie allégorique du Moyen Âge. Même cachées sous un latin transparent, qui n’a plus guère de latin que le nom, et semble une variété méridionale du français, un chantant français d’oc à déclinaisons, la force et la beauté de ce texte incomparable saisissent le cœur. Mais laissons de côté le latin, allons à ce qui nous reste de l’interrogatoire français, qui est considérable, cherchons dans le vieil anonyme qui traduisit le procès pour le roi Louis XII,1 n’est-ce pas aussitôt le suc, la saveur inoubliable, cette langue forte et douce, dont Joinville2 seul, pensions-nous, possédait le secret ? Tant d’années après lui, le monde était encore assez près des sources pures de la langue, assez près de l’esprit des Miracles de Notre-Dame et des Croisades, qu’on allait bientôt oublier, pour que la sainteté se permît encore cette étonnante alliance avec la beauté. Car il nous faut bien répéter ce que pensait Péguy3 : à côté des mots les plus simples de Jeanne, les saints les plus illustres semblent des bavards, amplificateurs de Cicéron.4 Auprès de cet éclat tremblant et fier, seules peuvent prendre place les strophes rayonnantes ou ténébreuses d’un saint Jean de la Croix,5 les recherches les plus fines d’une sainte Thérèse,6 le plus pur des cantiques de saint François d’Assise.7 Encore Jeanne seule a-t-elle ce clair génie inimitable, qui est celui de sa race, la beauté naïve des chansons où l’on parle de marjolaine, le rire et l’ironie qu’elle n’abandonne pas jusqu’au seuil de la mort et de la transfiguration, et surtout ce que Michelet,8 dans un de ses jours de bonheur, a si admirablement défini comme le bon sens dans l’exaltation.

Détails

Date de publication
Sep 27, 2024
Langue
French
Catégorie
Histoire
Copyright
Aucun copyright connu (domaine public)
Contributeurs
Par (auteur): Robert Brasillach

Caractéristiques

Pages
169
Type de reliure
Livre à couverture souple Livre à couverture souple
Couleur de l’intérieur
Noir & Blanc
Dimensions
Novella (5 x 8 in / 127 x 203 mm)

Notes & Avis